Jean Hazera


Jean Hazera est un peintre débarqué en gare du XVIe siècle pour avoir pris le train de l'histoire de l'art en marche arrière. Depuis d'étranges choses apparaissent dans ses tableaux : les règnes ont tendance à se mélanger, l'animal et le végétal oublient leurs limites, Bosch et Bruegel font une apparition donnant naissance à un mystérieux pays...

On pourrait déchiffrer cet univers comme s'il s'agissait d'un délire ou d'un songe, une fantaisie peut-être ou l'invention d'une mythologie personnelle. Le peintre semble utiliser avec jubilation les clefs des songes. Le langage de l'alchimie (couleurs, arbres, creux...) et le bestiaire mystique sont parfois perceptibles mais très vite les ténèbres reprennent le dessus et l'épreuve de la nuit recommence..

L'œuvre de Jean donne lieu aux sentiments les plus contraires. Elle est à la fois extravagante et concertée, débridée et méthodique. Quelle délicieuse énigme ! Délice nourri de hantises et de passions, d'angoisses et de désirs. Et sous la profusion, quelle rigueur ! Après une minutieuse étude, le spectateur attentif saura retrouver l'artiste qui, à la manière d'Alfred Hitchcock, choisit le jeu des faux-semblants.

Tous deux savent avec pertinence que le réalisme le plus exact et le fantastique le plus inquiétant ne sont séparés que par une faible distance.

Alexandra GARDES

  1. -La Tribune - Le Progrés


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